Fan du manga Fruits Basket, je dessine de temps à autre des fanarts sur cette belle histoire. A ma grande surprise et pour mon plus grand plaisir, ce dessin a également
inspiré une autre personne : BlackNemesis.
Avec cette particularité : elle ne connait pas le manga par conséquent son texte peut se lire comme une histoire indépendante.
Merci BN !
oOo
Je ne connais pas du tout l’univers de Fruits Basket, mais je connais la précision et la virtuosité de tes traits, ChrisTaïs, qui sont
autant d’invitations au voyage. Voici un des voyages de mon imagination après avoir vu ton magnifique dessin de Tohru et Kyo s’embrassant.
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Ils s’étaient encore disputés et, encore une fois, Tohru s’était retrouvée entre eux à tenter de jouer les médiatrices. Dire qu’ils s’étaient
disputés, c’était la version abrégée, parce qu’en réalité, Yuki parlait et Kyo s’enflammait. Aujourd’hui, c’était Yuki qui avait pris la porte d’un pas tranquille, sans la claquer, lassé par les
longs monologues accusateurs de Kyo.
Tohru essayait toujours de comprendre ses pairs et de ne voir que le meilleur en eux mais à ce moment précis, elle aussi était fatiguée par
le comportement emporté de Kyo à l’encontre de Yuki. Comme ce dernier n’était pas passé maître dans l’art de s’ouvrir aux autres, il n’essayait pas de mettre les choses au point avec Kyo, il ne
cherchait pas à savoir ce qu’il lui reprochait exactement. Mais Tohru avait besoin de savoir, elle avait besoin d’aplanir la situation entre eux pour qu’enfin cessent les conflits.
« Il n’a rien dit de mal, lança-t-elle d’une voix douce alors que Kyo tournait vers elle son regard rageur.
- Ça m’aurait étonné que tu ne prennes pas sa défense, gronda Kyo.
- Je ne prends la défense de personne. Je veux juste te faire remarquer que Yuki ne t’avait pas insulté. C’est un malentendu.
- Tu l’idéalises, Tohru, lança Kyo en se massant la nuque d’une main. Dès qu’il s’agit de lui, tu n’es pas objective.
- C’est dommage, vous pourriez bien vous entendre si vous dissipiez tous les malentendus entre vous, constata Tohru en esquissant un sourire
engageant à l’encontre de son camarade.
- Mais qu’est ce que tu as à la fin, tu es amoureuse de lui ou quoi ? » S’exclama Kyo qui sentait déjà depuis quelques semaines la
pointe acérée de la jalousie le transpercer de part en part et lui faire perdre le contrôle de ses émotions…Encore plus qu’à l’accoutumée.
C’était plus fort qu’elle, Tohru se sentit rougir jusqu’à la racine des cheveux et son cœur manqua un battement avant de s’affoler dans sa
poitrine. Il lui semblait que son visage était brûlant et que ses mains, au contraire, étaient glacées. Horrifiée, elle recula d’un pas sans vraiment s’en rendre compte. Elle était, par contre,
cruellement consciente du fait que Kyo avançait lentement vers elle avec au fond des yeux, une flamme de haine ou de douleur, elle ne pouvait le définir.
Elle ne comprenait pas sa propre réaction. Bien entendu, elle éprouvait une affection particulière pour Yuki, mais de là à qualifier cela
d’amour…S’il avait été question d’amour, elle aurait tout de même été la première à le savoir. Elle était gênée, surtout. Gênée que Kyo parle de sentiments. Ce n’était pas dans ses
habitudes.
« Alors c’est ça, murmura Kyo en s’arrêtant trop près d’elle pour qu’elle se sente à l’aise. Tu es amoureuse de Yuki ?
- Pas du tout, répondit Tohru en se concentrant pour maîtriser le tremblement de ses mains.
- Oh vraiment ? Alors s’il ne compte pas pour toi, tu n’éprouveras pas de dégoût si je… »
Il ne termina jamais sa phrase.
Mû par un élan incontrôlable, il saisit la nuque de Tohru des deux mains dans un geste indolore quoique brutal, et il écrasa ses lèvres
contre celles de la jeune femme qui poussa un hoquet de surprise. Ce n’était pas un baiser de vengeance, Tohru ne l’aurait pas laissé faire si cela avait été le cas.
Par ce contact, Kyo transmettait à Tohru tout son désespoir, toute son amertume, toute sa peur, toute son affection et elle, encore trop
saisie de stupeur, ne parvenait pas à coordonner ses mouvements.
Alors que les mains de Kyo desserraient leur étreinte sur sa nuque, celles de Tohru se mirent enfin en mouvement. La première caressa la joue
de Kyo.
Tohru était emportée dans un tourbillon de sensations et de sentiments inconnus ; son cœur explosait littéralement et son pouls battait
fort contre ses tempes. Elle posa son autre main sur le bras de Kyo, sans trop savoir ce qu’elle voulait faire.
Elle s’accrochait à lui pour ne pas tomber car ce baiser fougueux et pourtant si doux, à l’image de Kyo, lui donnait le vertige. Il lui
semblait également qu’elle tentait d’attirer Kyo plus près d’elle encore en le tirant vers elle…Tout s’embrouillait dans sa tête et seule la saveur des lèvres de Kyo sur les siennes demeurait
distincte.
Comme Kyo, elle ferma les yeux, s’abandonnant entièrement dans ses bras, émue par la chaleur de ses mains sur sa nuque et dans ses cheveux,
par l’affolement de son souffle contre sa peau. Elle voulait le repousser mais quelque chose en elle l’en empêchait. Elle aimait embrasser Kyo, elle aimait sa façon de la tenir contre lui,
fermement, sans pour autant se coller à elle. Elle aimait le goût de sa bouche, la tendre pression qu’elle exerçait sur la sienne. Jamais elle n’avait ressenti un vertige aussi puissant, aussi
agréable.
Lorsque Kyo s’écarta d’elle en soupirant, il sonda son visage pour y déceler une émotion, n’importe laquelle, aussi infime soit-elle. Il n’y
vit que le trouble, la gêne…Du moins crût-il voir le trouble et la gêne. Il recula encore, comme si on lui avait donné un violent coup de poing dans l’estomac.
« Excuse moi, lâcha-t-il sèchement. Je n’aurais pas dû faire ça alors que c’est Yuki que tu veux. Oublie ce qui vient de se passer s’il
te plait. »
Sans laisser à Tohru le temps de répondre, il lui tourna le dos et il sortit en claquant la porte, laissant la jeune femme encore tremblante,
les joues rougies par cette étreinte aussi délicieuse qu’inattendue.
Kyo lui avait demandé d’oublier, mais comment le pouvait-elle quand elle venait de vivre son tout premier
baiser ?