Papouilles

Publié le par ChrisTais

 

C'est étrange les chemins vers lesquels peuvent nous mener les conversations sur msn. Un beau gosse en cours de création et nous voilà, avec BlackNemesis en train d'imaginer où nous allions poser nos mains.

Pour mettre en scène nos délires, je prends ma palette graphique et jette sur mon écran le dessin ci-dessus. Pas de réflexions ni de travail approfondi, juste l'idée et le sentiment du moment. Après avoir vu le dessin, BN se demandait comment il était possible d'exprimer autant de choses en un seul dessin. Ce à quoi je lui répondais qu'elle pouvait en faire largement autant avec peu de mots. Je lui ai dis : Chiche ! Et pour ma plus grande joie, elle a répondu Ok.


Une image et un texte tous deux créés un soir, juste comme ça. Avec leurs erreurs et leurs imperfections mais parfois, cela a du bon. Ou pas car le titre vient de moi et je ne sais pas si je vais arriver à l'assumer.

Pour ceux qui ne connaissent pas, le nom cité à la fin est un personnage d'Harry Potter mais le texte peut se lire sans rien connaître de cet univers. Pour ceux qui connaissent, BN s'est dit qu'après tout, Sirius pendant le volume HP4 ne s'était pas contenté de se cacher dans des grottes.

                             


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C’est le soir qu’elle préfère. Ce moment où elle sort de la douche, emmitouflée dans son peignoir, le corps délicatement satiné par les produits parfumés qu’elle utilise pour se laver et qui varient selon ses humeurs ou le temps qu’il fait dehors.

Lui, en général, ne dit rien quand elle passe de longues minutes à sélectionner les fragrances qui l’accompagneront sous le jet d’eau chaude. Il se contente de lui lancer un sourire amusé ou de tapoter du doigt contre sa tempe pour mimer la folie, et s’il n’était pas emmuré vivant dans sa pudeur, il clamerait haut et fort « je t’aime…et c’est aussi pour tes manies hallucinantes que je t’aime. »

 

C’est le soir qu’elle préfère. Ce moment où elle entre dans le salon et qu’elle le trouve nonchalamment assis sur le canapé. Elle ne voit que ses longs cheveux noirs qui tombent bas dans son dos et de son poste d’observation, elle sent son shampooing. Toujours le même…Effluves marins qui donnent à sa chevelure disciplinée des odeurs de tempêtes au large des côtes. Les relents de son gel douche la rejoignent alors qu’elle approche à pas feutrés, et elle se laisse imprégner par son délicieux arôme poudré, aux échos aromatiques. Toujours le même gel douche. Il est fidèle aux odeurs qui l’accompagnent comme il l’est en amitié et en amour. Entier. Passionné. Loyal.

Elle ne le voit pas de face mais elle sait qu’une serviette cingle sa taille et que son regard est rivé sur la télévision. Il n’a pas pris la peine de l’allumer parce qu’il ne s’intéresse pas aux programmes proposés. Il l’attend. Sans en avoir l’air.

Elle, en général, ne dit rien, parce qu’il ne sait pas qu’elle sait à quel point elle compte pour lui.

 

« Déjà sortie de la salle de bains ? » demande-t-il de sa voix rauque et elle n’a pas besoin de discerner son visage…il esquisse un sourire narquois, elle peut l’entendre percer dans le ton qu’il a employé. Elle sourit et pose les deux mains à plat sur ses épaules nues. Ce simple contact sur sa peau brûlante fait naître un long frisson dans son dos. Il penche la tête en arrière pour la contempler avec une intensité qui pourrait presque la faire rougir si n’y prenait garde. Elle avait raison. Un rictus narquois étire les côtés de sa bouche. Elle le regarde longuement, très sérieusement et le sourire du jeune homme s’efface graduellement. Il passe sa langue sur ses lèvres pour les humecter, comme s’il s’attendait à la suite…comme s’il désirait ardemment cette suite. Elle se penche pour l’embrasser et il retient son souffle.

 

C’est le soir qu’il préfère. Ce moment où, en partant de son ventre plat, elle fait glisser ses mains le long de son torse. Il sent alors cette connexion particulière entre leurs deux esprits, cette complicité atteindre un niveau supérieur. Elle devient émotionnelle autant qu’érotique. Il ne connaît que les gestes pour s’exprimer. Les mots refusent de passer la barrière de ses lèvres et quand il unit son corps au sien, ce n’est pas son plaisir qu’il cherche…Il cherche à lui dire quelque chose de fondamental…ce « je t’aime » qui reste bloqué dans sa gorge.

Il baisse la tête pour regarder ses mains pâles effleurer son torse. Elles sont toutes petites ses mains. Adorables.

Lui, en général, ne dit rien, il se contente de ressentir et d’essayer de chasser cette pensée qui l’empoisonne toujours au même moment. Ça le stupéfie encore, après ces quelques mois passés avec elle, qu’on puisse avoir envie de le toucher. Après tout ce temps passé en prison, isolé d’un monde qui l’avait condamné sans procès, sentir ses deux petites mains tracer des sillons de plaisir sur sa peau, c’est plus qu’il n’aurait pu en demander…c’est presque plus qu’il n’en peut supporter parfois. Longtemps privé de tout, il a encore du mal à recevoir autant.

 

Je t’aime…Ne me laisse pas.

 

Il ignore s’il sera un jour capable de regarder ces deux jolies mains qui redescendent jusqu’à son ventre sans s’émerveiller. Il en attrape une et embrasse sa paume, les yeux fermés.

 

Il sait qu’il fera très certainement partie de ceux qui ne verront pas la fin de la guerre. C’est ancré en lui, une certitude aussi puissante que celle qui lui dit qu’il aime cette femme…Cette femme qui l’étreint sans même savoir que quelque part, un monde sorcier entre en guerre et que l’homme qu’elle embrasse emportera avec lui son nom maudit…Un nom qu’il ne lui plait que lorsqu’elle le murmure dans le creux de son oreille, d’une voix grave qui le fait frissonner d’anticipation.

 

« J’ai envie de toi, Sirius Black. »

Publié dans Fanarts et fanfics

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